MUSIQUE.

Johnny va frapper fort Emmanuel Marolle

lundi 17 septembre 2007 | Le Parisien

ANGELI/DANIEL ANGELI.

Nous avons pu écouter, en exclusivité, le prochain album de Johnny Hallyday, « le Coeur d'un homme », qui sortira le 12 novembre. Du vrai blues, comme promis, avec une série de titres très réussis. A 64 ans, la star nous surprend encore.

«TOUTE la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient du blues. » Les célèbres vers de Michel Mallory pour Johnny Hallyday, écrits en 1973, vont trouver une nouvelle résonance dans quelques semaines. Car le voilà donc, cet album de blues promis par la star.

Disque moderne, accessible et ambitieux, authentique et grand public, « le Coeur d'un homme », dont nous avons pu écouter des extraits en exclusivité, est attendu le 12 novembre.

Avant cela, le public va découvrir dès cette semaine « Always », un premier single apéritif qui sera largement diffusé en radio. Une ballade en forme de déclaration d'amour éternelle : « Toujours et parce que rien n'est fini. Se dire always comme on se dit pour la vie. » Le texte renverra forcément à son histoire avec Laeticia qui lui a soufflé le titre du disque : « le Coeur d'un homme ». Ou comment, à 64 ans, Johnny parvient encore à surprendre. Ce nouveau Hallyday devrait même réconcilier tous les publics : celui qui le suit depuis toujours, comme le fan du rocker de la première heure qui a pu bouder ses disques récents.

Une reprise de Cabrel

L'artiste revient donc à ses fondamentaux blues. Enregistré à Los Angeles cet été, réalisé par Yvan Cassar, cet album, où l'on trouve des grands noms du blues, comme John Mayall ou Keb'Mo, doit comporter 14 titres.

Il plante d'abord le décor à travers « Monument Valley ». Une guitare rythmique électroacoustique entre seule en scène, avant la voix imposante du chanteur. « Ici la terre est rouge, de tout le sang versé. » Hommage aux grands espaces américains, à ces Etats-Unis que le gamin Smet a dû fantasmer. « Les hommes venus de l'Est s'apprêtent à massacrer la vie sauvage, la vie de l'Ouest, la seule qui me fait rêver », martèle-t-il dans une ambiance tribale hantée par le fantôme des Indiens martyrs. Premier temps fort d'un disque qui ne va pas à manquer.

Un peu plus loin, il y a par exemple cette reprise surprise du « Sarbacane » de Francis Cabrel. La version de Johnny se laisse gagner par l'électricité pour finir en mille-feuilles de guitares. Sa puissance lui permet de faire sien le tube de son confrère. Et ce n'est pas tout. On savait que Bono, le chanteur de U2, avait signé la seule chanson en anglais du disque, « I Am the Blues ». Le titre pouvait prêter aux ricanements, l'accent français de Johnny aussi. Le résultat devrait clouer le bec aux rieurs. Rarement on avait entendu le chanteur avec un son aussi ample, épique, à la manière du célèbre quatuor irlandais, malmené par une spectaculaire boucle électrique à chaque fois qu'il scande « I Am the Blues ». On rêverait qu'il se mesure à Bono sur un tel morceau.

Invités inattendus

A défaut, c'est avec le guitariste Taj Mahal que notre rocker signe un duo baptisé « T'aimer si mal » sur un texte de l'écrivain Marc Levy empreint de paradoxes. « Tu vas me laisser là quand je serai fou de toi... Je sais que tu t'en vas, même si tu ne le dis pas. » Et pour l'occasion, Taj Mahal pousse même la chansonnette en français.

Parmi les invités inattendus, on trouve aussi l'acteur Bruno Putzulu, proche de la star, qui prend la plume pour des aveux mélancoliques baptisés « Ma vie ». A travers les mots des autres, Hallyday a effectivement le blues. Meilleur exemple : « Que restera-t-il », bouleversante ballade où Johnny chante à fleur de peau le compte à rebours du temps qui le « désarme », « la mort un peu moins peureuse ». « Que restera-t-il de ma course autour du soleil ? Que restera-t-il de toutes mes nuits sans sommeil ? Que restera-t-il de ma voix devant l'éternel ? » La réponse se trouve notamment dans « Chavirer les foules », autre chanson signée Michel Mallory. « Des mots écrits sur des musiques, c'est comme une relation physique, comme un contact épidermique », chante Johnny sur des guitares crâneuses et un harmonica aiguisé, écho évident à « Toute la musique que j'aime », trente-quatre ans après. La boucle est bouclée.