L'ISLE D'ESPAGNAC. Ce soir, Johnny Hallyday monte sur scène face à 6 500 fans. Parmi eux, Madeleine, 97 ans l'avant-veille

Face à l'idole des jeunes, la doyenne de ses fans

Madeleine, 97 ans, a noté sur le petit bout de papier qu'elle tient entre ses mains les titres de ses chansons préférées de Johnny, dont « Que je t'aime », évidemment. (photo isabelle louvier)
Madeleine, 97 ans, a noté sur le petit bout de papier qu'elle tient entre ses mains les titres de ses chansons préférées de Johnny, dont « Que je t'aime », évidemment. (photo isabelle louvier)

L'idole des jeunes prend sa retraite. Pour Johnny Hallyday, 66 ans depuis le 15 juin, c'est la dernière tournée. Elle s'arrête ce soir à 20 heures à l'Espace Carat. Pour l'occasion, 6 500 spectateurs sont attendus à L'Isle d'Espagnac.

La plupart, ex-fans des yé-yé, ont vieilli avec le rocker. Mais Johnny a su habilement en séduire d'autres avec les années. Dans la salle, ce soir, il y aura des jeunes d'à peine plus de vingt ans, qui avouent attendre sur les charbons ardents, et n'en sont pas à leur premier concert. Il y aura aussi Madeleine, 97 ans depuis vendredi. Johnny, ce soir, c'est son cadeau d'anniversaire.

Souvenirs, souvenirs

« Si j'ai pris ma place en février, c'est pas pour des prunes, c'est bien pour le voir ! », lâche l'alerte aïeule, assise dans le salon de sa petite-fille Sylvie, chez qui elle vit aujourd'hui, dans un village du Cognaçais. « Sylvie est rentrée un soir, elle m'a dit '' Tu sais qui vient ?'' et elle a pris les places le lendemain. »

Madeleine ira applaudir Johnny avec Sylvie et son mari. « Ils m'ont dit que je serai bien placée », explique la doyenne des fans charentais. La famille gère l'intendance, se renseigne sur les facilités d'accès. Madeleine se pose les questions essentielles : « Comment va-t-il arriver ? Habillé comment ? »

Depuis qu'elle a son billet, elle manifeste auprès des siens sa ferme intention de rester en bonne santé, pour revoir Johnny. Mais cet été, c'est sa santé à lui qui a bien failli la priver de concert. « Ça m'a fait beaucoup de peine, de savoir qu'il était malade », avoue-t-elle. De la vie privée de son chanteur préférée, elle retient surtout, qu'« il a fait quelque chose de très bien, il a adopté deux enfants. ».

Quand Johnny a commencé sa carrière, Madeleine n'avait pas le profil type de la fan. Veuve, déjà grand-mère, Charentaise qui avait beaucoup voyagé, suivi son mari en Afrique, elle travaillait chez Leroy Somer, elle approchait de la cinquantaine. Le bon vieux temps du rock'n roll, ce n'était pas sa tasse de twist. à priori.

« Je trouvais qu'il chantait bien, j'aimais sa façon de faire », dit-elle. Pas la peine de chercher plus loin. Elle l'a vu plusieurs fois en concert, plus jeune. Une fois à La Rochelle, une autre, croit-elle se souvenir, à Gond Pontouvre. « Il venait de se marier avec Sylvie ». Pas la sienne, Vartan évidemment.

Madeleine avait beau avoir dépassé la cinquantaine, ça ne l'a pas empêchée d'escalader gaillardement une table pour approcher l'idole des jeunes. « J'ai failli me casser la figure quand j'ai sauté pour l'attraper par la manche, se souvient-elle, le visage tout plissé de rire. Je lui ai demandé, ça va ? Et il a répondu oui, j'ai chaud, en souriant. Il est sympa, lui. Quand on lui demande une dédicace, il ne fait pas le difficile, pas comme Hervé Villard. Lui, je l'ai vu à la fin d'un concert, et quand ça a été mon tour, il a dit qu'il n'avait plus le temps. J'étais un petit peu vexée... » Ne demandez pas à Madeleine sa chanson préférée. « Je les aime toutes ! » Avec un faible pour « Que je t'aime » ou « Le pénitencier ». Elle espère les entendre ce soir.

La robe et le coiffeur

Pour ce rendez-vous, elle a sorti le grand jeu. Une visite chez le coiffeur, et surtout « la robe ». Bleue, faite sur mesure par une couturière, la robe en question fait partie des trésors de sa garde-robe. Ceux qu'elle ne porte qu'une fois ou deux, pour les occasions très spéciales : le mariage d'un de ses petits-enfants, le dernier vo-yage qu'elle fera un jour, ou... le concert de ce soir. Cette dame-là, Johnny, elle est terrible !

Auteur : haude giret
h.giret@sudouest.com