Levée de boucliers parlementaire autour de la divulgation par l’Express du dossier médical de Johnny

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Les fans du rocker Johnny Hallyday, protestent à l’Assemblée

Tout le monde, ou presque, aime Johnny Hallyday. Pour preuve, la levée de boucliers parlementaire autour de la divulgation par l’Express du dossier médical du rocker!

Pendant les concerts de Johnny Hallyday, on cassait les sièges. On craint aujourd’hui le pire pour les bancs de l’Assemblée Nationale. Car des fans légalistes qui rodent dans la salle des pas perdus sont en colère. Contre qui? Un magazine. L’Express. Sa faute présumée? Avoir publié des extraits du dossier médical du rocker. D’où le courroux d’une vingtaine de parlementaires. A leur tête, l’élue des Alpes-Maritimes Muriel Marland-Militello. Elle vient d’écrire une lettre d’avertissement au directeur de la rédaction Christophe Barbier. Qui lui répond.

C’est en ces termes que Muriel Marland-Militello brosse le préambule à son courrier:

« Suite à la divulgation d’éléments du dossier médical de Johnny Hallyday faite par le magazine l’Express, j’avais exprimé mon profond désaccord avec de telles pratiques niant toute déontologie. J’ai voulu aller plus loin pour ne pas laisser sans suite cette affaire, que je considère comme grave. J’ai donc pris l’initiative d’adresser une lettre ouverte au directeur de la rédaction de L’Express. 24 de mes collègues Députés en sont signataires. Qu’il s’agisse d’une personne publique ou non, de Johnny Hallyday ou non, jeter un dossier médical en pâture est un procédé inacceptable. Le droit au secret médical est un droit premier. Le bafouer ne participe pas de la liberté d’information. Par cette lettre ouverte nous cherchons à réaffirmer clairement des principes fondamentaux de la liberté de la presse, liberté qui ne permet pas tout et notamment pas de violer le secret médical ni la vie privée d’une personne, fût-elle une personnalité publique.Dans cette lettre ouverte nous réclamons de la part du monde des médias « une prise de position claire et officielle afin de condamner ces dérives qui brouillent les repères de notre société et méprisent la personne humaine, et auxquelles les Députés de la Nation ne peuvent absolument pas souscrire ».

La lettre, jointe à cette annonce sur le site de la députée, commence ainsi:

« Nous, parlementaires français, souhaitons vous faire part de notre indignation suite à la publication au sein de votre titre d’éléments appartenant au dossier médical de Johnny Hallyday, ce qui est contraire à la conception que nous nous faisons du métier de journaliste (…). Divulguer ce genre de données à caractère très personnel s ne participe pas de la liberté d’informations mais d’une dérive inacceptable dont le seul but est de faire du sensationnalisme aux dépens de l’intimité de la vie privée ».

La réponse de Christophe Barbier ?

« Le secret médical, très important, concerne les membres des professions médicales, engagés par leur serment. Journalistes, nous relevons d’une déontologie qui a pour fondement la recherche de la vérité, par-delà toutes les tentations pour l’escamoter, à chaque fois que l’intérêt de nos lecteurs nous semble justifier cette quête. En l’occurrence, les ennuis de santé de Johnny Hallyday, en décembre 2009, ont donné lieu à une exceptionnelle opération de communication de la part de son entourage, à une bataille autour d’évidents intérêts financiers et à une série d’accusations et de contre-attaques entre un proche de l’artiste et le chirurgien qui l’avait opéré. Ne pas contribuer à révéler la vérité sur ce qui s’est passé à l’hôpital Cedars Sinaï reviendrait à être complice de ces manoeuvres. Le devoir journalistique imposait de « lever le voile », comme disait Françoise Giroud, sur ces faits. »

Le directeur de la rédaction invoque la nécessité journalistique de passer outre le secret de l’instruction ou le secret-défense. « Nous ne sommes pas tenus à ces secrets qui engagent d’autres corporations. Si vous tenez à défendre la liberté de la presse, vous devez, Madame le député, prendre en compte cette caractéristique de notre métier. Vouloir nous imposer des impératifs de secret qui ne concernent pas notre profession témoigne d’une curieuse conception de cette liberté de la presse. Enfin, je tiens à vous signaler que nous n’avons pas publié les détails du rapport qui portaient atteinte à la dignité de Johnny Hallyday et n’étaient pas nécessaires à la compréhension de cette affaire. »